De mars à décembre 2017, ATMO Nouvelle Aquitaine a effectué des analyses de la qualité de l’air sur 4 sites de la région.
-Bordeaux
-Limoges
-Cognaçais
-Saint Estèphe pour le Médoc,
66 molécules ont été recherchées, réparties entre herbicides, fongicides, insecticides.
Intéressons-nous ici plus particulièrement aux résultats obtenus sur le site médocain de Saint-Estèphe d’une part et sur Bordeaux d’autre part.
Dans le premier cas, l’appareil de mesure fut installé au centre du village, à plus de 150m des premières parcelles de vigne. A noter, qu’à la différence des autres sites, le Médoc n’a pas fait l’objet de prélèvements de mars à fin mai, et sans que nous sachions pourquoi….Les mesures ont débuté le 30 mai jusqu’au 26 décembre, nous ne disposons donc d’aucune donnée pour Saint -Estèphe sur les mois de mars, avril et mai….Pourtant, période importante de désherbages des vignes sur mars et avril, ainsi que d’épandage de pesticides dès la mi-avril.
Sur les 66 molécules recherchées, 37 ont été détectées sur St Estèphe, dont 14 fongicides, 8 herbicides, 2 insecticides et 1 corvicide (produit lutte contre corbeaux, corneilles etc…).
Comme très nettement indiqué sur ces 2 tableaux , le site du Médoc remporte haut le pulvé, la palme du site le plus imprégné avec une concentration majoritaire de fongicides, qui représentent 80% de l’utilisation de pesticides dans les vignes girondines.
Fongicides détectés
Sans surprise le Folpel (usage viticole)



H351 - Susceptible de provoquer le cancer
H332 - Nocif par inhalation
H319 - Provoque une sévère irritation des yeux
H317 - Peut provoquer une allergie cutanée
H400 - Très toxique pour les organismes aquatiques
Le Pyrimethanil (usage viticole)

H411 - toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets à long terme
Le cyazofamide (usage viticole)

C2 : Lésions oculaires graves et irritation oculaire - Catégorie 2
TCC1 : Dangers pour le milieu aquatique - Danger chronique, catégorie 1
AT : Mention d’avertissement : Attention
H319 - Provoque une sévère irritation des yeux
H410 - Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme
EUH 401 - Respecter les instructions d’utilisation pour éviter les risques pour la santé humaine et l’environnement
Herbicides détectés
Pendiméthaline (large spectre d’utilisation, autorisé sur vigne)

H317 - Peut provoquer une allergie cutanée.
H400 - Très toxique pour les organismes aquatiques.
H410 - Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme.
Prosulfocarbe (usage céréalier, légumier et sur arbres d’ornement)

C2 : Lésions oculaires graves et irritation oculaire - Catégorie 2
TAC1 : Dangers pour le milieu aquatique - Danger aigu, catégorie 1
TCC1 : Dangers pour le milieu aquatique - Danger chronique, catégorie 1
AT : Mention d’avertissement : Attention
H319 : Provoque une sévère irritation des yeux
H400 : Très toxique pour les organismes aquatiques
H410 : Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme
Métolachlore (usage céréalier, oléagineux, légumier)
INTERDIT
Insecticides détectés
Chlorpyrifos méthyl (usage viticole)

Xn : Nocif
N : Dangereux pour l’environnement
R43 : Peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau
R65 : Nocif, peut provoquer une atteinte des poumons en cas d’ingestion.
R67 : L’inhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges.
R36/38 : Irritant pour les yeux et la peau
R50/53 : Très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique.
Lindane
INTERDIT depuis 1998 mais persistant dans l’environnement.
Autre site testé lors de cette campagne de mesures : Le Jardin Botanique de Bordeaux
Très intéressant de par son éloignement par rapport aux zones agricoles.
Malgré cette distance géographique avec les zones de traitements agricoles, sur les 66 molécules recherchées, 37 sont détectées (9 fongicides, 7 herbicides, 2 insecticides).
On constate bien la corrélation entre les pics de présence de résidus de pesticides dans l’air bordelais et les périodes de traitement sur les zones agro-viticoles. Malgré la distance entre la ville de Bordeaux et les vignes et autres champs cultivés avec des pesticides, la pollution de l’air bordelais est incontestable et conséquente. Mais est-ce vraiment surprenant ? Qui croit encore que les molécules pulvérisées, malgré tout un arsenal dit « anti dérives », restent en suspension ou mieux disparaissent juste au - dessus de la zone traitée ?!
Pour résumer les résultats de cette campagne :
Accès au rapport complet ici : https://documentcloud.adobe.com/link/track?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3Ad55a33b4-c145-4f03-b9ee-b0f53f81858c
Quid de la soi disant protection de nos enfants par les haies, filets anti pesticides et adaptation d’horaires minimales ?
Tout cela est encore moins une surprise lorsqu’on sait que des campagnes précédentes d’analyses de l’air avaient démontré la même chose, il y a déjà quelques années !
Ainsi en 2009, les résultats d’une campagne menée en 2008 dans le même jardin botanique de Bordeaux, prouvaient déjà cette contamination périphérique voir ici : https://documentcloud.adobe.com/link/track?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3A4be7444a-05c0-4498-aa6e-18a6f444cc5e
Saint-Estèphe a également déjà fait l’objet de mesures de la qualité de l’air, dans le cadre du projet AIRES mené conjointement par l’ISPED et l’AIRAQ et financé par l’ANSES. Le but était de « mesurer l’impact de la qualité de l’air sur la santé respiratoire des enfants en milieu rural viticole ».
Il y avait alors eu 2 phases de mesures, l’une au printemps (aucune molécule détectée sur St Estèphe) et l’autre en été (3 molécules quantifiées : Folpel / Kresoxim méthyl / Chlorpyrifos méthyl).
Si nous comparons ces résultats de la campagne de 2011 avec ceux de 2017, voilà ce que l’on peut constater :
- le taux de folpel est fortement en baisse en 2017 par rapport à 2011 (mais encore trop élevé compte tenu des risques inhérents à la santé)
-le taux de chlorpyrifos méthyl est plus élevé en 2017 qu’en 2011 : un taux de 0.83ng/mètre cube d’air en 2011 contre 3ng/mètre cube d’air en 2017 !

























Adrien Bruckert
23 février 2019 à 13 h 27 min
Je suis futur maraîcher bio et soutient a 100% un avenir sans pesticides !
En revanche, vous ecrivez ceci : »Or, il est scientifiquement acquis que ce n’est pas la dose qui fait le poison mais la moindre exposition. » Prouvez le svp!!!
Sachez que je ne lirai plus vos publications car écrire et partager de telles bêtises est néfaste à la cause.
Il faut raison garder, si vous buvez 1 verre de vin naturel élevé en biodynamie par jour, tout va bien. En revanche passez a une ou deux bouteilles par jour et votre espérance de vie et votre santé en seront nettement impactés en négatif, pas par les pesticides mais par l’alcool. CQFD.
Pourquoi vouloir à tout prix prouver, avec des arguments fallacieux, que l’agriculture intensive tue?
Il est pourtant si simple de prouver qu’un semis direct sous couvert est plus rentable qu’un semis après glyphosate. Parlez de maraîchage sur sol vivant, et des alternatives positives mais par pitié arrêté de vendre la peur!